Le grand-orgue de l'église Notre-Dame d'Auteuil fut construit par Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899) en 1884-1885, et inauguré le 11 février 1885 par Charles-Marie Widor, organiste de Saint-Sulpice et Henri Dallier, organiste de la Madeleine et de Saint-Eustache. L'Abbé Lamazou (qui est inhumé sous le grand-orgue), curé de l'époque et ami et protecteur de Cavaillé-Coll, suivit les travaux de construction de l'orgue avec attention, d'autant plus que l'instrument initialement prévu pour Auteuil dut finalement être installé au Palais de Trocadèro nouvellement construit.

Cavaillé-Coll proposa donc à l'Abbé Lamazou un nouvel instrument dont il soigna particulièrement l'harmonisation et la réalisation. L'orgue actuel de cinquante trois jeux se caractérise avant tout par son équilibre admirable et la grande finesse de ses sonorités. Son esthétique symphonique est proche d'autres instruments parisiens de Cavaillé-Coll, comme ceux de Saint-Antoine-des-Quinze-Vingt, la Trinité, Saint-Augustin, Sainte-Clotilde, etc...

Après avoir été relevé par Charles Mutin, en 1912, il fut restauré par Gloton (Ets. Debierre), ancien contremaître de Cavaillé-Coll, en 1937-1938. Celui-ci respecta l'esthétique de l'orgue et conserva, sur l'insistance du titulaire de l'époque, Paul Marcilly, les belles sonorités de Cavaill-Coll. On procéda à l'électrification des transmissions (système électro-pneumatique Debierre), et on y installa une nouvelle console. L'orgue comporte 53 jeux, 2 boîtes expressives (Récit et Positif) et un bourdon de 32 pieds à la Pédale. Les organistes Albert Alain et Louis Vierne furent consultés comme conseillers pour cette importante restauration.

En 1984, sous l'impulsion de Henri Veysseyre, l'organiste titulaire de l'époque, la ville de Paris fit effectuer un relevage, sans changement, par le facteur Jacques Barberis.

Cet orgue remarquable est particulièrement apte à l'exécution du répertoire symphonique et romantique (Franck, Widor par exemple), mais permet également d'interpréter avec un rare bonheur la musique des organistes des années 1930 (Vierne, Fleury, Messiaen, Langlais, Grünenwald, Alain, Tournemire, Dupré et tant d'autres), période féconde pour la musique en France et particulièrement pour l'orgue.

Frédéric BLANC, organiste titulaire


Organistes ayant honoré l'instrument :

  1. Joseph Franck (1825-1891), frère de César Franck, organiste de l'ancienne église d'Auteuil de 1861 à 1866
  2. Abbé Charles Schwaab de 1885 à 1923
  3. Joseph Noyon (1888-1962), Maître de chapelle et organiste
  4. Paul Marcilly (1890-1982) de 1926 à 1963
  5. Henry Veysseyre (1924-2000), Maître de chapelle et organiste de 1950 à 1999
  6. Frédéric Blanc (1967-) depuis 1999

Documents :

Nécrologie de Paul Marcilly

Interview d'Henry Veysseyre

Long article de "Jeunesse et Orgue" paru suite au relevage de 1984